24.03.2007

Semaine du développement durable - 1er au 7 avril 2007 - 4ème édition!

medium_terresprotch.4.jpgPourquoi une semaine du développement durable?

- Pour informer largement le grand public sur le développement durable, les domaines qu’il recouvre (transports, biodiversité, changement climatique, déchets...) et les enjeux, à travers des actions concrètes.

- Pour motiver et de soutenir des changements de comportements en expliquant les bonnes pratiques quotidiennes à adopter en faveur du développement durable

- Pour mobiliser le public sur des objectifs nationaux de développement durable (par exemple, dans le cadre de la réduction de 3% par an des gaz à effet de serre d’ici 2050).

Ceci étant écrit, il va de soi que ce n'est pas une semaine du développement durable qu'il nous faut mettre en place, mais une vie de "sustainability". Pourquoi? Parce que développement durable est synonyme d'avenir et de devenir. Ce concept, à la croisée des notions d'économie, de social et d'écologie, dessine l'ébauche du monde en formation. Le comprendre et le connaître est essentiel : l'objectif visé par les politiques de développement durable n'est pas seulement de "sauver la planète", il est de faire vivre les femmes et hommes ensemble, de leur donner un égal accès aux biens qui leur sont nécessaires, sans nuire aux potentialités et ressources dont disposeront les générations futures.
Il a été défini en 1987 dans le Rapport Bruntland de la manière suivante : "Le développement durable répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs."


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Que se passe-t-il près de chez vous? Juste un clic pour le savoir
!

Et pour finir, un petit rappel qui me tient à coeur : On compte depuis 2005, parmi nos droits constitutionnels, fondamentaux et immuables, les principes suivants ...

art. 1er : Droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé
art. 2 : Devoir de préservation et d'amélioration de l'environnement
art. 3 : Devoir de prévention des atteintes à l'environnement
art. 4 : Devoir de réparation des dommages causés à l'environnement
art. 5 : Mise en œuvre du principe de précaution
art. 6 : Promotion du développement durable par les politiques publiques
art. 7 : Droit de chacun à l'information et à la participation à l'élaboration des décisions publiques en matière environnementale
art. 8 : Education et formation à l'environnement
art. 9 : Concours de la recherche et de l'innovation à l'environnement
art. 10 : Prise en compte de la Charte dans l'action européenne et internationale de la France)

09.03.2007

Une dépêche AFP passée sous silence...

Une politique énergétique Française a-t-elle encore un sens? A l'heure des grandes fusions (dont EDF Suez ne sont qu'un exemple) dans le secteur de l'énergie, doit-on encore, et le peut-on seulement, concevoir une politique indépendante?


AFP - Les Européens encore très dépendants des énergies classiques


Les Européens, désireux d'être moins dépendants des importations en développant à l'avenir sur leur territoire des sources d'énergies renouvelables, sont pour l'instant prisonniers des énergies classiques.
Ils consomment 37,3% de pétrole brut et produits pétroliers, 23,9% de gaz, 17,9% de fioul, 14,6% d'énergie nucléaire et seulement 6,3% d'énergies renouvelables, selon les derniers chiffres communautaires disponibles (2004).
Chaque pays membre de l'UE a ses spécificités, qu'il protège farouchement, rendant difficile l'entente sur une politique énergétique commune.
Ces spécificités sont étroitement liées à la présence ou non sur leurs territoires de ressources énergétiques: la majorité des Européens ayant peu d'hydrocarbures, qui dominent encore la consommation énergétique des 27, beaucoup ont choisi de développer le nucléaire ou les énergies renouvelables pour réduire leur dépendance énergétique.
La France est ainsi le plus important producteur d'énergie nucléaire de l'UE. Le nucléaire représente 85% de sa production et 40% de sa consommation. Les renouvelables totalisent 13% de sa production et 6% de sa consommation.
La production espagnole dépend aussi largement du nucléaire (50%), comme la Suède (58%), troisième producteur d'énergie nucléaire dans l'UE, ou encore de nombreux pays d'Europe centrale.
L'Allemagne est le deuxième producteur d'énergie nucléaire de l'UE (32% de sa production) mais elle s'est engagée, comme la Belgique, à abandonner progressivement l'atome --même si certains voudraient relancer le débat.
De toutes façons, le charbon reste sa principale source de production énergétique (43%), ce qui en fait la deuxième plus grosse productrice de charbon de l'UE derrière la Pologne (88%).
Grâce aux ressources de la mer du Nord, le Royaume-Uni est lui le premier producteur de pétrole et de gaz dans l'UE, ces deux sources énergétiques représentant 82% de sa production et 73% de sa consommation d'énergie.
La part du nucléaire et des renouvelables dans sa consommation est limitée, à respectivement 9% et 2%.
En Italie, la production est répartie de façon relativement équilibrée entre trois sources: les énergies renouvelables (42%), le gaz (37%) et le pétrole (21%). Mais la part des renouvelables est limitée à 7% rapportée à la consommation.
En Finlande, si le pétrole représente la première énergie dans la consommation (29%), la part des énergies renouvelables dans la consommation est bien supérieure à la moyenne de l'UE (23%) et domine la production (57%).
Dans les pays de l'UE -- souvent les plus petits-- sans centrale nucléaire ni ressources naturelles, la production est presque exclusivement faite de renouvelables (100% au Luxembourg, en Lettonie, au Portugal, à Chypre, 71% en Autriche).
Mais cette production représente une part marginale de la consommation, hormis en Autriche (21%) et au Portugal (15%).

01.03.2007

Les sondages pleuvent, nos terres pleurent.

medium_terresprotch.3.jpgLes sondages me lassent. Ils pleuvent. Certes, nombre d'entre eux affirme la montée en puissance du candidat que je soutiens, et j'en suis ravie. Cependant, je suis fatiguée de ces chiffres qui innondent nos écrans et nos têtes, sans pour autant couler et infiltrer les convictions. Ces chiffres importent peu. L'essentiel est ailleurs, au coeur d'un débat démocratique que les candidats refusent pour le moment (Paul Nahon: "les candidats ne souhaitent pas débattre entre eux" dépêche AFP). Pourquoi? L'élection approche pourtant à grand pas. A quoi bon passer son temps et ses meetings à déblatérer sur ses adversaires, à vociférer contre l'ennemi sans oser l'affronter?

Et pendant ce temps, la France se déssèche, au propre comme au figuré... Car il ne pleut plus, car il fait chaud, car le climat perd son sens et son nord, car tout le monde s'en fiche, car les morts seront comptés plus tard.

Mais si nous sortions la tête de la campagne pour regarder nos campagnes? Nelly Olin, Ministre de l'Ecologie " a averti" aujourd'hui. Mais ne devrait-elle pas prévenir? L'Ile-de-France, le bassin Adour-Garonne, la vallée du Rhône, le pourtour méditerranéen et la partie ouest de la Corse, accusent déjà un déficit supérieur de 70% par rapport à la normale, selon le ministère. Or, cette situation est la conséquence directe de la canicule de 2003, de 2004, 2005, 2006 et de ce début 2007 faible en pluie.
Sans eau, doit-on le rappeler, les cellules ne se renouvellent pas et meurent - celles des plantes, comme celles des hommes...

Alors attendrons-nous de voir mourir les larmes de nos vies? Ou réagirons-nous en exigeant de nos élus - Président, députés, sénateurs, maires, conseillers régionaux, conseillers généraux, députés européens, ministres - qu'il s'engage réellement, à leurs échelles respectives, pour la sauvegarde d'un enironnement non seulement sain, mais VIVABLE?

31.01.2007

Cérémonie d'allégeance au Roi Hulot.

Paru sur la newsletter de Novethic : medium_terresprotch.2.jpg


"10 candidats s’engagent publiquement pour l’écologie

Devant un parterre d’ONG, de journalistes et de personnalités réunis au Musée des Arts premiers, 10 candidats aux élections présidentielles se sont succédés pour signer le Pacte écologique de Nicolas Hulot. Tous ont bénéficié de 15 minutes pour officialiser leurs engagements et expliquer les grandes mesures qu’ils promettent d’appliquer.

Nicolas Hulot ne boudait pas son plaisir. L’animateur a réussi son pari, celui de « convoquer » 10 candidats à l’élection présidentielle pour leur faire solennellement et publiquement signer un pacte dont les conséquences sur la société –s’il est bien appliqué- devraient être considérables. « Ces signatures ne sont pas l’aboutissement de mon action », s’est empressé de souligner Nicolas Hulot. « Elles constituent un départ, un socle à partir duquel les candidats devront agir ». Et à partir duquel les ONG vont pouvoir peser, aurait-il pu ajouter.
Première à passer, Ségolène Royal a promis « de faire de la France le pays de l’excellence environnementale ». La candidate du PS s’est donné comme priorité la lutte contre le changement climatique, au moyen d’un plan ambitieux pour les énergies renouvelables, l’habitat et les transports. "Il va falloir faire des choix difficiles », a-t-elle annoncé. « Je suis prête à faire ces choix car je sais qu'ils sont indispensables". Ségolène Royal s’est par ailleurs engagée, comme la majorité des autres candidats, à mettre en place une taxe carbone, et a annoncé une réforme de la fiscalité écologique. Elle créera le poste de vice 1er ministre chargé du développement durable comme le demande le pacte de Nicolas Hulot. « L’environnement est une opportunité économique et non une contrainte, il permettra de créer de nouveaux services et de nouveaux emplois », a-t-elle ajouté, avant de conclure en affirmant que son programme constitue « un projet alternatif de civilisation ».

François Bayrou s’est lui aussi prononcé pour la création d’un poste de vice 1er ministre chargé du développement durable, « indispensable pour conseiller le gouvernement dans ses choix et avoir une vision à long terme ». Le candidat de l’UDF estime par ailleurs que « le réchauffement climatique est une question politique » et que « le président devra avoir l’obsession d’imposer cette préoccupation à la communauté internationale ». Défendant la taxe carbone, il a souligné son rôle « stratégique, permettant à chaque consommateur de s’impliquer », à condition « d’y préparer les citoyens à l’avance ». Enfin, il s’est prononcé pour une agriculture « de qualité », équitable au plan international. « La façon dont nous avons traité l’Afrique en matière agricole est criminel », a-t-il ajouté.


Corinne Lepage (CAP 21) a quand à elle défendu un programme qui, sur certains aspects, va plus loin que le pacte écologique : création d’un poste de vice-président en charge du développement durable, « new deal écologique », taxe sur la toxicité des produits en sus de la taxe carbone, sortie progressive du nucléaire, réduction des émissions de gaz à effet de serre de 16% sur 5 ans…Elle a par ailleurs présenté 3 mesures phares, la suppression des « subventions à la pollution , qui s’élèvent à 5 milliards par an », la réduction des pollutions comme préalable à tout projet public et l’interdiction de la publicité promouvant des produits polluants, avec la création d’un « véritable organisme de contrôle indépendant ».

Marie-Georges Buffet, candidate du PCF, a écarté d’emblée l’idée que « l’écologie dépasse les clivages gauche/droite ». « Il faut croiser les enjeux écologiques avec les enjeux sociaux et la solidarité », a-t-elle souligné en précisant qu’elle était « défavorable à la décroissance, principe qui ne fait qu’entériner les dominations actuelles ». Favorable au concept de développement durable, la candidate communiste est en revanche opposée « aux droits à polluer et au marché des quotas de CO2 ». Elle a fixé un objectif de 25% de production d’énergie renouvelable d’ici 2025 et a confirmé son soutien au nucléaire pour réduire les émissions de GES.

Candidate des Verts et probablement la plus proche de Nicolas Hulot, Dominique Voynet a salué la méthode du pacte, ajoutant que « certains candidats ont signé sans prendre la mesure des défis auxquels ils sont confrontés ». « D’autres ont beaucoup travaillé pour comprendre ce que nous martelons depuis des années (…) On nous jugeait excessifs, aujourd’hui la réalité des faits n’est plus contestée », a-t-telle ajouté. Rappelant les grandes propositions des Verts, elle a fustigé ceux qui feraient de « l’écologie à la marge ». « On ne peut pas avoir signé le pacte et soutenir le plus grand syndicat agricole, la PAC, construire des autoroutes ou s’opposer aux quotas de pêche», a-t-elle ajouté.

Pour le candidat « dissident » de l’UMP, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République !) « L’écologie implique un changement total du fonctionnement de la société et des comportements ». « Il faut sortir du double langage permanent (…) Le pays en parle tous les matins, mais les décisions prises remettent en cause le pacte écologique ». Fustigeant la mondialisation, « synonyme de clochardisation », le député-candidat a prôné « la fermeture de notre marché aux pays du Sud, dont les produits ne respectent pas nos exigences sociales et environnementales ». Critique vis-à-vis de l’Europe comme de l’OMC, Nicolas Dupont-Aignan s’est dit opposé à « l’intégration de l’éduction et de la santé dans les accords commerciaux internationaux ».

Antoine Waechter, (candidat indépendant pour l’écologie), s’est prononcé en faveur de mesures plus radicales concernant notamment les transports : « Plus un centime ne doit être versé pour la construction des routes et l’avion doit être réservé aux vols internationaux ». Le candidat défend la « production de base, la réhabilitation du travail manuel et la restitution des emplois industriels, ainsi qu’un service civil pour que chaque jeune retrouve le goût d e l’engagement collectif ». France Gamerre, candidate de Génération écologie, a souligné l’importance de « notre sortie rapide de la dépendance au pétrole », de la « vérité écologique des prix » et la réconciliation de l’écologie et de l’économie . En revanche, elle croit peu dans un poste de vice-1er ministre chargé du développement durable, « qui n’aurait pas plus de poids qu’Al Gore lorsqu’il était vice-président des Etats-Unis », a-t-elle ajouté.

Jean-Marc Governatori, candidat de « la France en action », s’est dit persuadé qu’une politique écologique est synonyme « de plein emploi dans 2 ans ». Le candidat issu de la société civile estime qu’ « aucun candidat issu des partis ne peut apporter une réponse aux questions écologiques (…) Le développement durable est un concept marketing, car on ne pourra pas le développer à l’infini », a-t-il renchéri.

Enfin, Nicolas Sarkozy a fermé le bal des candidats. « Tout ce que je vais dire, je le ferai », a annoncé d’emblée le candidat de l’UMP. S’adressant aux ONG présentes, il a reconnu qu’elles ont été « le moteur de notre prise de conscience » sur le climat, la biodiversité ou la santé. « Mais ils ne faut pas demander aux citoyens de choisir entre croissance et développement durable », a-t-il précisé. « Il faudra jouer le jeu de l’économie de marché, donner un prix à l’environnement et à la pollution ». Nicolas Sarkozy a estimé que « Kyoto n’allait pas assez loin » et a condamné l’attitude des Etats-Unis dans la lutte contre les changements climatiques, « inacceptable pour la première puissance mondiale ». Le candidat de l’UMP veut créer un « G20 du climat » et « créer une organisation mondiale de l’environnement pour lutter contre la toute puissance de l’OMC ». S’agissant du pacte, il s’est déclaré en désaccord sur certains points. « Il ne suffit pas de demander pour obtenir .Vous avez vos préoccupations, mais j’ai aussi les miennes », a-t-il affirmé en s’adressant à Nicolas Hulot.

« Il faudra s’en souvenir ». Nicolas Hulot, visiblement très satisfait, a conclu les interventions des candidats par cette phrase, résumant l’enjeu de son action médiatique. « Ils se sont engagés à faire de la France le pays du développement durable. Ne pas tenir ces engagements reviendrait à trahir ses propres enfants, or, on ne ment pas à ses propres enfants », a-t-il conclu. Vision idéaliste ou capacité exceptionnelle de conviction ? A vérifier après les élections.

Véronique Smée
Mis en ligne le : 31/01/2007 "

01.01.2007

1er janvier 2007.

A Paris, les arbres ont des bourgeons. Le climat? Quelle question?

23.12.2006

L'envol du CO2 : les transports aériens devront se mettre à l'air du temps.

Exclu jusqu’ici du protocole de Kyoto, le secteur aérien va enfin être lui aussi soumis à un plafond d’émissions de CO2. A partir de 2011, les compagnies pourront échanger leurs quotas sur le marché carbone européen mis en place en 2005.

Evidemment, les entreprises du secteur n'ont pas été très heureuses de cette décision,mais l'Union Européenne et ses représentants ont été fermes lors de la présentation de cette proposition de directive: "Nous allons soumettre au même traitement les compagnies aériennes au départ ou à destination des aéroports européens, sans distinction de nationalité », a déclaré le commissaire à l’environnement Stavros Dimas en novembre dernier. Cette nouvelle directive fixe désormais les plafonds d’émissions de CO2 au niveau européen et non plus au niveau des Etats membres.

La limite des émissions serait fixée pour tous les vols au départ des aéroports européens, y compris les vols internationaux, pour éviter que les compagnies européennes soient désavantagées par rapport à leurs concurrentes étrangères. Cette mesure s'appliquerait par conséquent à tous les transporteurs et impliquerait un surcoût moyen par billet compris entre 4,6 et 39,6 euros selon la distance couverte.

Entre 1990 et 2002, les émissions de CO2 provenant de l'aviation ont augmenté de presque 70%! Il est temps d'agir. Aussi je vous invite donc à suivre les débats du Parlement européen quant à cette question cruciale pour l'avenir de la planète encore bleue...

Alors, en un mot, suivons les débats parlementaires et leurs issues... Et encourageons les entreprises aériennes à s'investir et à investir dans le reboisement planétaire afin de compenser les émissions de carbone.

Pour en savoir plus sur le Parlement européen
Pour en savoir plus sur l'impact du CO2
Pour en savoir plus sur la re-forestation

15.12.2006

Avant les énergies renouvelables (très prochainement) un point sur le pétrole.

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On débat au Sénat, en cette mi-décembre, sur les énergies renouvelables. Compte tenu de l’urgence écologique et économique de la situation énergétique mondiale, il est plus qu’essentiel de s’intéresser à cette question et plus encore, de s’atteler à y répondre.

A ce jour, il est très difficile d’estimer les réserves pétrolifères mondiales. Différents éléments entrent en ligne de compte, et ce pour différentes raisons :


1) Il est très difficile de connaître les stocks de pétrole et gaz disponibles dans la mesure où de nouveaux gisements (plus ou moins importants – et en tous cas insuffisants à soutenir la croissance mondiale telle qu’elle elle est actuellement conçue) sont régulièrement découverts. Ex : découverte récente de gisements gaziers en Algérie.

2) De nouvelles techniques ont été mises en place afin de transformer des extractions pétrolières qui n’étaient pas utilisables dans le passé (on peut ainsi liquéfier certains pétroles qui, il y a quelques années, étaient inutilisables car trop visqueux ; on peut forer de plus en plus profondément et dans des espaces géographiques de plus en plus hostiles, ce qui ouvre de nouveaux filons d’exploitation)

3) On peut à présent injecter dans les poches pétrolières des gaz, ou liquides, qui permettent de récupérer plus de pétrole dans chacune de ces poches, évitant toute déperdition d’or noir.

4) En outre, les hausses du prix du baril - qui n’a cessé de croître ces dernières années, passant de 9,72$ en 1998 à 78,49$ en août dernier (Les Echos Bourse) - a amélioré le retour sur investissement des firmes pétrolières en matière de recherche .

Pour en savoir plus

Cette hausse du prix du baril s’explique par 3 raisons majeures :

1) La rareté, selon les lois de l’économie, accroît la valeur. Le pétrole et le gaz se raréfiant, leur valeur augmente.

2) La flambée des cours s’explique également par la croissance de la demande, tirée notamment par la Chine, l’Inde, la Turquie, les NPI. Et cela pose une question beaucoup plus profonde : le système croissance que nous avons établi en Occident au siècle dernier est-il soutenable dans un monde totalement industrialisé ? Ne risquons-nous pas de payer la croissance au prix la décroissance et au mépris de l’Homme? N’est-il pas temps de cesser de mesure la « croissance » par le PIB (Pour rappel : le PIB augment avec la hausse du prix de l’énergie) ? Je reviendrai dans une note ultérieure à cette notion de croissance.

3) Les tensions internationales ont joué un rôle majeur dans la hausse des prix : les incertitudes sur la politique russe, notamment avec l’affaire Youkos (puis l’interdiction récente du travail de Shell, Total et autres compagnies occidentales dans la fédération russe), les tensions au Venezuela (notamment les incertitudes sur les élections qui viennent de reconduire Chavez à la tête de l’Etat), entre l’Europe et les Etats-Unis, au Moyen-Orient (Guerre en Irak, nucléaire iranien, Palestine, conflit israélo-libanais, etc.. Ces hostilités géopolitiques ont impacté très négativement les marchés financiers et l’évaluation des risques, ce qui a mécaniquement induit une hausse du brent.


Tout ceci étant dit, est-ce une mauvaise chose que les énergies traditionnelles et polluantes deviennent si coûteuses et rendent profitable l'exploitation de nouvelles énergies? Est-ce une mauvaise chose d’obliger les états à regarder dans une autre direction, plus respectueuse de l’environnement et de la biosphère ? Est-ce un mal de poser la question du bien-être VS la croissance ?

C’est donc un débat majeur qui s’est déroulé au sénat. Les enjeux que représentent le développement durable et l’écologie sont fondamentaux. Ils le sont tant pour l’avenir biologique, écologique et environnemental de notre planète que pour son devenir « économique ». Et cela mérite d’être noté ! Car si certains, comme moi, sont plus sensibles aux arguments « verts », beaucoup d’autres seront plus affectés par un raisonnement fondé sur la déperdition de richesse probable !

J’écrirai dès que possible une note sur les énergies alternatives et renouvelables afin de vous montrer que tout est possible dès lors que nous, citoyens, nous saisirons de ce débat et exigerons de nos gouvernants des engagements sérieux !

09.11.2006

Développement durable Kézako?

medium_terresprotch.jpgQuel bonheur sur les ondes ce matin ! Nos députés, à tour de rôle, s’indignent, s’offusquent et déclarent, à grand renfort de micros, « qu’il faut faire quelque chose » !
A en croire leurs réactions, ils n’avaient (jusqu’à hier soir) pas mesuré l’urgence de la situation climatique mondiale. Ce n’est pourtant pas fautes de les avoir prévenus : scientifiques, associations militantes, et citoyens engagés haranguent nos parlementaires à ce propos depuis des années, se heurtant irrémédiablement à l’inertie et au silence de nos représentants.
Après Indigènes, qui convainquit notre président, Une vérité qui dérange persuadera-t-il nos députés de la nécessité d’agir (et vite !) ? Le film de David Guggenheim, documentaire sur l’engagement écologique d’Al Gore, s’avèrera très certainement un moyen efficace pour interloquer et interroger les citoyens. Un regret cependant ou plutôt une question : la politique française se fera-t-elle désormais au cinéma ?
Mais soyons plus sérieux : puisque le développement durable arrive enfin sur le devant de la scène politique, parlons-en ! Et commençons par les bases : définissons. Contrairement à une idée largement répandue, le développement durable n’est pas seulement une notion écologique. En le réduisant à cela, on le prive de son essence et on l’abandonne aux mains de partis minoritaires, qui bien que déterminés, manquent malheureusement d’influence (je pense notamment sur la question aux Verts et à l’UDF. Aussi, reprenons.

Avant tout, qu’est-ce que le développement durable ?

Il a été défini en 1987 dans le Rapport Bruntland de la manière suivante : « Le développement durable répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. ». Il a donc une triple dimension, à la fois environnementale, sociale et économique.

Pour illustrer cela, un exemple devenu illustre : le cas du pétrole.
Le recours à l’industrie pétrolière, tous les experts en conviennent, doit être limité. Non seulement parce que celle-ci pollue considérablement, non seulement parce que le pétrole se fait de plus en plus rare, mais aussi parce qu’économiquement, l’usage de ce carburant ne sera plus rentable dans un futur assez proche (la rareté créant un surcoût insupportable par la plupart des entreprises).

A cet effet, l’anglais est sans doute plus parlant que la langue de Molière : pour évoquer le développement durable nos voisins utilisent le mot de « sustainability ». Pour le traduire littéralement, cela signifierait « durabilité » ou « tenabilité ». Il ne s’agit donc plus seulement de créer les conditions de la croissance à long terme (développement durable) mais aussi de mettre en place les modalités d’une croissance qui soit tolérable pour chaque citoyen.
Prenons l’exemple d’une entreprise qui délocalise. Economiquement, cela lui est profitable aujourd’hui, et probablement pendant quelques années (diminution des coûts du travail, hausse des marges, investissements).
Néanmoins, à l’avenir, cela pourra s’avérer néfaste à l’ensemble des acteurs (elle y compris) compte tenu des effets induits sur l’environnement, l’économie et la société (augmentation des transports transfrontaliers et pollution accrue, hausse du chômage suivi d’une élévation des prélèvements obligatoires, hausse cumulative du coût du travail national et international).


En un mot, le développement durable vise à considérer le monde comme un tout. Son objectif est le bien-être des individus aujourd’hui, demain et pour les siècles à venir. Il met ainsi en avant l’idée qu’un individu est un Homme avant d’être un consommateur et que sa satisfaction vient tant du plaisir de boire une eau pure, de respirer un air sain, que de consommer un bien quelconque.

Vanter les mérites du développement durable n’est plus aujourd’hui une bonne action, il s’agit, au-delà, d’un acte de survie.