31.05.2008
Figaro mon amour.
Une intéressante question vient d'être mise en ligne sur le site du Figaro. Je ne suis pas une lectrice assidue de ce cher appendice du pouvoir, et pourtant... Il est des colonnes - je n'oserais pas en l'occurence parler d'article - qu'il est bon de repérer.
Qu'auriez-vous répondu à la question (titre de la note) : "Approuvez-vous l’introduction d’une deuxième coupure publicitaire dans les films et les téléfilms?"
La plupart d'entre vous, j'imagine, aurait répondu non. Pourquoi? Tout simplement parce que nous ne sommes pas des consommateurs parfaits Nous ne désirons pas connaître par coeur la musique de chacune des nouvelles publicités pour yaourts allégés. Nous ne voulons pas voir s'étaler les besoins des autres pour en faire nos désirs. Nous ne voulons pas nous coucher à 23 heures pour subir des agressions publicitaires.
Les internautes lecteurs du Figaro ne s'y sont, semble-t-il, pas trompés : 92% réponses négatives.
Cependant, la démarche peut s'avérer intéressante. Une coupure supplémentaire des programmes diffusés sur les chaînes privées serait peut-être un bon moyen de compenser la perte indue par l'arrêt de la publicité sur les chaînes publiques. Qui plus est, elle pourrait avoir un effet dissuasif sur les téléspectateurs, qui se re-dirigeraient alors vers les chaînes publiques.
Mais oui, il est vrai que cette réforme peut n'être qu'un moyen pour le pouvoir de favoriser les chaines privées en leur offrant un capital plus important encore, leur permettant de financer des programmes toujours plus chers, mais rarement plus intelligents. Encore que... Le Ministère de la Culture, interrogé sur la question, déclare :"pourrait renforcer la compétitivité, le développement de la programmation d'oeuvres audiovisuelles à la télévision". A voir et méditer...
Attention COUPURE!!!
Outre la question posée en titre, la note comportait quelques phrases : "Jean-François Copé s'est déclaré favorable à une seconde coupure publicitaire sur les chaînes privées, pendant les films et les téléfilms. Selon les sociétés d'auteurs, ce projet "lève le voile sur les véritables intentions de la réforme en cours: favoriser le marché de la télévision commerciale, quitte à fragiliser, voire à démanteler le service public".
Qu'en pensez-vous ?"
Et là, qu'auriez-vous répondu? Répondre "Oui" Signifie-t-il que l'on est d'accord avec les sociétés d'auteurs? Ou bien encore avec le gouvernement? Il serait intéressant de savoir comment sera interprété ce sondage... La magie des mots, des sens et des silences.
Pour finir, tout de même un mot : je ne regarde absolument jamais de films ou téléfilms sur les chaînes privées. Alors je l'avoue, je m'en fous de la publicité concernée! En revanche, j'aime beaucoup l'idées que les autres paient pour ma télé... ! :) (militante du service public!!!)
Pour en savoir plus sur la question de fond :
Sociétés d'auteurs
Gouvernement
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13.10.2007
Une simple frontière à franchir. Une dernière frontière.
11:20 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UDC, mouton noir, suisse, extrême droite
13.06.2007
Blog Nouveau Centre
Je vous invite à faire un tour sur le blog de David Valence, dont je ne partage pas du tout les vues, mais qui porte des analyses souvent très pertinentes sur le monde politique.
On peut se résigner aux mêmes constats sans pour autant nourir les mêmes espoirs, ou percevoir les mêmes solutions.
Bonne lecture...
17:05 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
30.04.2007
Evénement : DSK Premier ministre?
Maintenant, la donne peut changer!
"Ségolène Royal a déclaré lundi au quotidien Le Monde que Dominique Strauss-Kahn "pourrait être un très bon Premier ministre, si tel est mon choix".
"Dominique est présent à mes côtés, à sa demande, et je m'en félicite, c'est un homme talentueux et imaginatif, il pourrait être un très bon Premier ministre si tel est mon choix", a-t-elle déclaré dans cet entretien.![]()
La candidate socialiste à la présidentielle réitère également la possibilité de confier à François Bayrou la tête d'un futur gouvernement. "Je l'ai déjà dit: par définition, je ne m'interdis rien"."
Suite (...)
12:49 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : DSK, PS, ROyal, Premier ministre
19.04.2007
Quand Le Monde prend position.
Le Monde prend position... Que dire? Ce journal n'est-il pas l'un des rares quotidiens nationaux à ne pas se revendiquer "journal d'opinion"? Quid à présent de ses journalistes? Pourront-ils, s'ils ne partagent pas les posititions de ce cher Colombani, faire jouer leur "clause de conscience"?
Pourront-ils appuyer Bayrou si, comme les 17 000 personnes présentes hier à Bercy, comme les milliers de personnes qu'il a rencontrées, écoutées et entendues sur les routes de France, ils pensent l'alternative centriste crédible et même - oserais-je le dire - souhaitable?
M. Colombani, j'apprécie votre nouvelle vocation militante. Je crois néanmoins que vos lecteurs apprécieront tout autant leur indépendance. Aussi me permets-je de lancer un appel à tous les lecteurs du Monde : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, comme vous l'avez fait jusqu'à ce jour, PENSEZ!
Croyez-vous que Mlle Royal s'oppose réellement à Nicolas Sarkozy en trahissant les valeurs du socialisme? (fibre nationaliste, armée à l'école). Considérez-vous que M. Sarkozy saura faire ce qu'il n'a pas pu faire au poste N°3 de l'Etat?
Enfin, pensez-vous miraculeuses, improbables, non crédibles les propositions suivantes? Votez utile, et surtout, votons démocrate!
François Bayrou?
Il refuse de faire des fausses promesses
Malgré 1 200 milliards d’euros de dette, les autres candidats continuent à multiplier les promesses et à distribuer les cadeaux.Il est le seul candidat qui a entièrement financé ses engagements par des économies correspondantes et qui s’engage à interdire dans la Constitution les déficits pour payer le train de vie de l’État.C’est la garantie que les engagements pris seront tenus.
Il propose un projet équilibré et concret pour améliorer votre quotidien
• 2 emplois nouveaux sans charges par entreprise.
• L’éducation comme priorité nationale avec des moyens garantis et des objectifs vérifiables.
• L’augmentation du minimum vieillesse et des petites retraites à 90% du SMIC en 5 ans.
• La mise en oeuvre des principes du pacte écologique signé avec Nicolas Hulot.
• Un nouveau texte européen, qui sera soumis à référendum, pour rétablir la confiance entre les Français et l’Europe.
• La suppression des cautions et des dépôts de garantie pour tous les locataires, qui seront remplacés par un système efficace d’assurance mutuelle.
• Le doublement du budget de la justice pour améliorer son fonctionnement.
• Une offre et une qualité de soins garanties à tous partout sur le territoire.
• Le doublement en 10 ans des moyens consacrés à la recherche pour créer les emplois de demain.
![]()
A 3 jours du premier tour, le quotidien du soir appelle à voter utile. Son directeur Jean-Marie Colombani écrit que le projet de Ségolène Royal est le seul qui s'oppose à celui de Nicolas Sarkozy.
Un éditorial en forme de démonstration. Le directeur du Monde Jean-Marie Colombani envoie un message très explicite à ses lecteurs: votez utile. Il commence par cet avertissement: "Le 22 avril 2007 ne peut pas, ne doit pas ressembler au 21 avril 2002". Et pour éviter la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour, il ne voit que deux options: Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal. Pour Jean-Marie Colombani, la percée de François Bayrou, même "époustouflante", n'en fait pas une alternative crédible. Il voit dans la présence du candidat centriste le schéma classique d'une primaire à droite qui contient le Front national. Pour le directeur du Monde, cette candidature s'appuie sur "un enchaînement miraculeux autant qu'improbable". Restent les deux favoris. Côté gauche, JM.Colombani stigmatise un PS "incapable de faire émerger une force sociale-démocrate moderne". Pour lui, Ségolène Royal ne s'est pas assez émancipée de son parti, et elle devra "s'assumer telle qu'elle est en réalité". A droite, le patron du Monde épingle un Nicolas Sarkozy qu'il juge pourtant le "mieux préparé", le plus "crédible". Il lui reproche d'avoir franchi la "ligne jaune" à deux reprises. D'abord en proposant un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Ensuite en affirmant que la pédophilie et le suicide avaient une origine génétique. JM.Colombani se garde de choisir entre les deux. Il appelle seulement à "éliminer au premier tour pour être sur de pouvoir choisir au second". (Dioranews)
22:10 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : colombani, Le Monde, Bayrou, vote utile, royal, sarkozy
17.04.2007
Il y a de l'idée!
17:19 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.03.2007
Parce que Marx était l'un des génies de son siècle, parce que le siècle a changé.
Loin de moi l'idée d'affronter les fondements du PCF ou de la LCR. Loin de moi l'idée de dénigrer la pensée de Marx. Loin de moi l'idée de dénoncer son oeuvre.
Marx était un génie, celui de son temps. Son analyse sociologique et historique était très juste. Son analyse économique comportait des failles certaines. Ceci étant, quoi de plus normal pour un ouvrage inachevé? Pour mémoire, Le Capital ne devait être que la première partie d'une somme économique que Marx ne parviendra jamais à achever.
Je pense simplement qu'en ces temps de campagne, où le leader de droite invoque Jaurès, la leader socialiste parle de drapeau, la meneuse communiste abandonne les symboles traditionnels du PC, et où le FN préfère enflammer que de faire brûler seul sa flamme, ses repères sont bons à rappeler.
Mais de grâce! N'invoquez pas Marx pour tout justifier! Marx était persuadé que la révolution viendrait d'Allemagne, il était convaincu que la Russie était un pays trop arriéré pour engendrer la rebellion. Il a vécu piteusement, oui, mais est issu de la bourgeoisie allemande, son père étant avocat (et avait à ce propos dû renier sa foi pour exercer son métier). L'oeuvre a été pillée, galvaudée, reconstruite, utilisée, par les partis socialistes allemands, russes, français, qui souhaitaient, en s'appropriant l'écrit posséder le talent. Mais les mots de Marx n'appartiennent qu'à lui. Ils ne sont pas plus immuables que ceux de Ricardo ou de Smith. Qui invoquerait aujourd'hui la théorie de la rente différentielle?
Marx ne pensait pas que le système capitaliste était un mauvais système. Il pensait qu'il fallait l'utiliser pour le mener à son terme et le dépasser.
Ainsi, que penser de la conclusion de ce texte, si ce n'est le dépassement de la lutte des classes par l'achèvement d'une classe a pour objectif la liberté de l'individu dans la classe?
Ne dirions nous pas aujourd'hui que les exclus doivent retrouver leur place dans le système qui les a marginalisé? Ne sont-ce pas a les mots que nous utiliserions pour évoquer qui de "la fracture sociale", qui de "l'exclusion", qui du "pacte social"?
La lutte n'est plus la même, le combat continue, mais l'armée de réserve n'est plus industrielle. Elle n'est pas constituée et déterminée par la place des individus dans le système de production. Elle est frappée du seau de la non appartenance de ces femmes et hommes dans un système économique, juridique, scolaire, étatique, géographique, etc.
La révolution fait place nette, mais quelle place fait elle au fond à l'homme? L'humanité... C'est en son nom qu'on doit se refuser à la logique de lutte, c'est en ce nom sacré que l'on doit s'unir. "Nos vies valent plus que leurs profits", c'est certain! "Unissons -nous", là aussi, parfait! Mais unissons nous pour. Pas contre.
La pensée marxiste ne mourra jamais. Le monde qui l'a vu naître, si.
"Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives.
Cela ne pourra naturellement se faire, au début, que par une violation despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production, c'est-à-dire par des mesures qui, économiquement, paraissent insuffisantes et insoutenables, mais qui, au cours du mouvement, se dépassent elles-mêmes et sont indispensables comme moyen de bouleverser le mode de production tout entier.
Ces mesures, bien entendu, seront fort différentes dans les différents pays.
"Cependant, pour les pays les plus avancés, les mesures suivantes pourront assez généralement être mises en application:
1. Expropriation de la propriété foncière et affectation de la rente foncière aux dépenses de l'Etat.
2. Impôt fortement progressif.
3. Abolition de l'héritage.
4. Confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles.
5. Centralisation du crédit entre les mains de l'Etat, au moyen d'une banque nationale, dont le capital appartiendra à l'Etat et qui jouira d'un monopole exclusif.
6. Centralisation entre les mains de l'Etat de tous les moyens de transport.
7. Multiplication des manufactures nationales et des instruments de production; défrichement des terrains incultes et amélioration des terres cultivées, d'après un plan d'ensemble.
8. Travail obligatoire pour tous; organisation d'armées industrielles, particulièrement pour l'agriculture.
9. Combinaison du travail agricole et du travail industriel; mesures tendant à faire graduellement disparaître l'antagonisme entre la ville et la campagne.
10. Education publique et gratuite de tous les enfants. Abolition du travail des enfants dans les fabriques tel qu'il est pratiqué aujourd'hui. Combinaison de l'éducation avec la production matérielle, etc.
Les antagonismes de classes une fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée dans les mains des individus associés, alors le pouvoir public perd son caractère politique. Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d'une classe pour l'oppression d'une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s'il s'érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l'ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l'antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe.
A la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous."
Le Manifeste du Parti Communiste - Marx, Engels - 1848
21:10 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.03.2007
DELIS
Ligue des Droits de l'Homme
Collectif Informatique, Fichiers et Citoyenneté
Collectif pour les droits des citoyens face à l'informatisation de l'action sociale
Collectif des associations et des syndicats contre la connexion des fichiers fiscaux et sociaux
A lire absolument ! On en parle ensuite...
13:40 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.03.2007
8 Mars...
Femme : femelle de l'espèce humaine qui possède une paire de chromosomes sexuels XX.
Femme à Rome : puella, virgo (jeune fille) ; uxor, conjux (épouse) ; matrona, materfamilias (mère de famille)
Femme en entreprise : 45,3 % des actifs
Femme en politique : 52% du corps électoral ; Chefs d'État : Ellen Johnson-Sirleaf (Liberia) - Michelle Bachelet (Chili) - Gloria Macapagal-Arroyo (Philippines) - Tarja Halonen (Finlande) – Mary McAleese (République d'Irlande) – Vaira Vīķe-Freiberga (Lettonie) ; Chefs de gouvernement : Luisa Diogo (Mozambique) - Portia Simpson-Miller (Jamaïque) – Han Myung-sook (Corée du Sud)- Angela Merkel (Allemagne) – Helen Clark (Nouvelle-Zélande) - Micheline Calmy-Rey (Suisse)
Femme de vos vies : Maman, mamie, maîtresse, amante, soeur, cousine, tante, fiancée, espoir, professeur, fille, ...
Femme de demain : nous toutes.
Femme d'hier : Marie Curie, Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Lucie Aubrac, Rosa Luxembourg, Elsa Triolet, Sarah Bernhardt, Cléopâtre, et tant d'autres...
Femme d'aujourd'hui : Simone Veil, Quitterie Delmas ;) , Zazie, Deneuve, Royal (et si!), Arlette Laguiller (et si, aussi!!! ) , Hilary Clinton, Julia Roberts, Hélène Carrère d'Encausse, Jacqueline de Romilly, Anna Politkovskaïa, Marie-George Buffet, Ingrid Bétancourt, et tant d'autres...
Femmes, et fières de l'être.
Femmes, mais plus qu'un mot.
Femmes, mais plus qu'un jour.
et puis... Homme, je vous aime! ;)
08:35 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : 8 mars, journée de la femme, femme, bloggueuses citoyennes
07.03.2007
Big Brother & Mr. Propre : même combat!
Ces derniers temps, nous autres citoyens avons passé beaucoup de temps à écouter : les candidats, les experts, les analystes et les sondeurs. Aussi ai-je décidé de réveiller ma conscience - et si je le peux les vôtres - en oubliant l’espace d’un article les considérations électorales diffuses. Car notre devoir d’hommes, de femmes et de citoyens est avant tout de penser et d’exprimer.
Je souhaiterais ce soir faire en quelque sorte l’éloge de la folie, le louange de ceux qui résistent, l’apologie de ceux qui luttent contre la société hygiéniste, sécuritaire et liberticide que l’on nous propose, ou plutôt impose.
D’aucuns traiteront mes propos d’abusifs, de gauchistes, et peut-être même de réactionnaires. Chacun cherche toujours à éloigner de lui ce qui le dérange, à gauche, à droite comme au centre. Mais cette fois, je ne faillirai pas. Puisqu’il faut désormais être pragmatique et chiffré pour être entendu, je le serai.
Nos élites bien-pensantes ont décidé, depuis le début des années 80, de se faire les Zorro de notre monde. Certes, notre démocratie a bien besoin de héros, mais notre quotidien se passerait volontiers de certains champions trop intrusifs.
Sous couvert de protection, de précaution, voire de prévention, un système aseptisé s’est mis en place. Dans ce système, on ne fume pas, on ne boit pas, on ne parle pas, on fait l’amour avec précaution et presque sans envie, on liste les enfants qui n’ont pas de bons résultats, on installe la sécurité (donc la Police) dans les écoles, etc. . Et pire que tout, on trouve cela normal. Etre filmé ? Pourquoi pas, si c’est pour nous protéger. Etre « traçable » (tiens, ce mot n’existe pas encore dans notre dictionnaire…) à tout moment de la journée ? Pourquoi pas, si cela facilite nos affaires courantes. Interdire l’alcool ? Oui, si cela diminue les morts sur les routes. Restreindre la consommation de cigarettes ? Avec joie, si cela nous fait gagner 2 ans de vie et nous évite un potentiel cancer !
Elle a belle mine, la société française, celle qui revendique son patrimoine révolutionnaire, celle qui est descendue dans les rues en 68, celle qui se leva après l’attentat Copernic en 1980. Les Français révolutionnaires ? Soyons sérieux. Les Français dorment. Peut-on leur en vouloir ? Je suis née dans un monde dans lequel on m’a toujours dit que « fumer tue », qu’il est normal de voir des caméras dans le métro, qu’il ne faut pas parler aux inconnus, que je dois montrer ma carte d’identité quand on me la demande, qu’il est normal d’avoir une carte de crédit, que le GPS est un progrès.
Jean-Emmanuel Ray (juriste spécialisé en droit du travail) a déclaré : « A l’aune des possibilités qu’offrent aujourd’hui les nouvelles technologies, le Big Brother imaginé par George Orwell tiendrait presque du personnage de la bibliothèque rose ». Comment ne pas acquiescer. Certes, la France, contrairement à bon nombre de pays, s’est dotée dès 1978 d’un organe de contrôle des données et informations à caractère personnel: la CNIL. Mais la CNIL n’est qu’un organe consultatif, et certainement pas décisionnel. Elle ne peut en rien s’opposer à une loi telle que la loi de prévention de la délinquance et au fameux fichier « Base-Elève ».
Pourquoi, me direz-vous, suis-je si attentive à ces atteintes répétées à la liberté ? A ce fichage systématique, à cette société de l’interdit ?
Parce que cette société ne me plaît pas, tout simplement. Parce qu’une caméra pour 258 habitants dans un village du Morbihan (Ploërmel), je pense que c’est trop. Parce que 20% d’erreurs dans le fichier policier Stic, c’est trop. Parce que 34% des Français jugeant l’extrême droite proche de leurs considérations (Ifop), c’est trop. Parce que 120€/an en produit d’entretien (hors lessive – Domoscope Unilever) c’est trop.
Parce qu’une hausse de 25% des plaintes déposées à la Commission Nationale de déontologie de la sécurité, c’est trop. Parce que quand 2/3 d’entre elles concernent la Police Nationale, c’est beaucoup trop (Canard enchaîné du 7 mars 2007).
Pour toutes ces raisons, Je tiens à parler. Pour la liberté d’aujourd’hui et de demain, je tiens à le dire. Le monde peut se penser autrement. N’ayons pas peur de nos lendemains, ne nous protégeons pas de ce qui jusqu’alors ne nous a pas blessé. Lançons nous dans l’avenir, mais sans filet nous retenant dans le passé !
20:13 Publié dans Think about it! | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note





