13.08.2007
Petite interprétation entre amis.
CHANSON DU VITRIER, Histoires, Jacques Prévert.
Comme c’est beau
Ce qu’on peut voir comme ça
A travers le sable à travers le verre
A travers les carreaux
Tenez regardez par exemple
Comme c’est beau ce bûcheron
Là-bas au loin
Qui abat un arbre
Pour faire des planches
Pour le menuisier
Qui doit faire un grand lit
Pour la petite marchande de fleurs
Qui va se marier
Avec l’allumeur de réverbères
Qui allume tous les soirs les lumières
Pour que le cordonnier puisse voir clair
En réparant les souliers du cireur
Qui brosse ceux du rémouleur
Qui affûte les ciseaux du coiffeur
Qui coupe le ch’veu au marchand d’oiseaux
Qui donne ses oiseaux à tout le monde
Pour que tout le monde soit de bonne humeur.
On peut lire des milliers de choses dans ce poème. On peut y lire des mots d’enfants, maladroits, malhabiles, un peu nigauds, des vers qui riment à peine et qui emmènent. On peut se satisfaire du sourire qui reste sur nos lèvres quand se dépose le point final, et passer aux strophes suivantes… « Chanson pour des enfants l’hiver »…
On peut aussi le reprendre, le déchiffrer avec un regard d’adulte et y discerner la finesse du poète. Ses revendications aussi.
Je vais donc vous livrer mon interprétation de cette poésie, exégèse qui n’a aucune valeur si ce n’est celle que vous lui donnerez, mais qui a le mérite de montrer que la politique est bien plus qu’un amas informe d’ambitions et d’égos.
Avant tout, le poème débute par « Comme c’est beau ». Une belle introduction n’est-ce pas ? Commencer par un sourire et non par une grimace, entamer par une audace et non par la défiance. Ce petit rien mérite d’être noté – comme souvent les petits riens d’ailleurs…
Les vers suivants nous renvoient à la terre, à la nature, à la matière. Ils nous appellent aux origines, nous rappellent d’où nous venons, d’où nous vivons… La Terre, l’environnement, ces éléments qui sont le début du tout et probablement leur fin si nous ne veillons pas à les entretenir et à les préserver. La Terre a l’Homme, l’Homme à la Terre !
«A travers les carreaux »… De loin, parce que chacun à sa place. Respecter l’autre, c’est aussi accepter la distance qui nous en éloigne, c’est accepter sa différence tout en la comprenant sans pour vouloir se l’approprier. Etre avec l’autre, ce n’est pas être lui. C’est vouloir partager, échanger, regarder et apprendre de lui.
Et voilà la corde humaine qui se noue… Les hommes, les métiers, les besoins, les fleurs et les sourires s’enchaînent, s’enlacent, et tissent ensemble un réseau de solidarité sincère et objectif. On voit là se croiser intérêts particuliers et intérêts généraux, égoïsmes collectifs et individualismes altruistes. Il serait illusoire de croire que nous sommes absolument altruistes : comment aimer les autres lorsque l’on ne s’aime pas soit même ? De la même manière, peut-on être radicalement égoïste ? Car souvent, si l’on attend et recherche son pur bonheur, il est nécessaire de concourir à celui d’autrui. Personne ne saurait être épanoui en lisant la douleur sur les visages qui l’entoure, ou même l’indifférence. En d’autres termes, peut-on s’aimer sans être aimé ?
Poursuivons… Les souliers, les cheveux… De la tête aux pieds, d’un bout à l’autre de la chaîne de solidarité qui nous unit et nous relie, nous sommes aux uns aux autres indispensables. Parce que c’est ainsi, parce qu’à tous la vie est plus simple qu’à seul... Ne voyez pas dans ces vers une parabole capitaliste, que Marx ne se retourne pas dans sa tombe en préssentant un louange à Adam Smith ! Il ne s’agit pas du découpage d’un processus de production pour maximiser le profit, mais d’une organisation de société visant à maximiser l’utilité et les préférences des hommes, individus singuliers et multiples, et non d'un système. Le lien n’est pas l’argent, le liant n’est pas le travail : il est la recherche du bien-être. Chacun lira dans ces mots ce qu’il souhaitera y lire. Je préfèrerai que ce soit la joie plutôt que l’exploitation...
Et pour finir sur un envol, relevons les derniers vers. Le marchand d’oiseaux ne marchande pas, il donne… Et que donne-t-il ? Des oiseaux ! Le symbole de la liberté, de l’envol du nid, de l’ouverture, voir de la paix avec la colombe… Et à qui? A tout le monde, sans distinction!
Parce que la solidarité ne mène pas à l’aliénation de l’homme par l’homme, mais à la liberté plus grande, à l’ouverture, à la communication, à l’échange et au partage !
J'en aurais presque oublier l'amour qui srugit au coin d'un réverbère, qui ilumine la jeunesse d'une mariée. L'amour qui éclaire le chemin, qui balise et qui ouvre la route vers demain avec plus de certitude, moins d'appréhension.
En quelques mots… Voilà ce que je lis dans tous ces mots d’enfants. Avec mon regard qui n’est pas encore celui d’une grande personne, mais plutôt d’une grande gamine. Une grande gamine qui aime la poésie…
21:25 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : prévert, poème, histoire, vitrier, solidarité, politique, lien social
20.05.2007
10.
Il est terrible le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.
07:55 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.05.2007
9.
Homme, tu as regardé la plus triste la plus morne de toutes les fleurs de la terre Et comme aux autres fleurs tu lui as donné un nom. Tu l'as appelée Pensée.
Souvenir souvenir du temps où nous récitions, face au maître, au tableau noir et aux camarades hilares...
07:55 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.05.2007
8.
Le Temps nous égare Le Temps nous étreint Le Temps nous est gare Le Temps nous est train.
07:50 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.05.2007
7.
J'aime celui qui m'aime Est-ce ma faute à moi Si ce n'est pas le même Que j'aime à chaque fois ?
07:50 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
16.05.2007
6.
La femme est une pensée, la plus forte de la nature, mais c'est une pensée dansante.
07:50 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.05.2007
5.
Bien sûr, j'ai pensé parfois mettre fin à mes jours, mais je n'ai pas su par lequel commencer.
07:50 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.05.2007
4.
La meilleure façon de ne pas avancer est de suivre une idée fixe.
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13.05.2007
3.
Un seul oiseau en cage la liberté est en deuil.
07:45 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.05.2007
2.
Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple.
07:45 Publié dans Vers de Prévert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


